Octobre

Rencontre avec Mark SaFranko

Le jeudi 28 et le vendredi 29 septembre 2017, l’IUT Nancy-Charlemagne accueillait l’auteur américain Mark SaFranko.  Cette rencontre s’est déroulée dans le cadre du cours d’anglais de Madame Emmy Peultier aux 2èmes années Métiers du Livre et du Patrimoine (Information-Communication).

Bien évidemment, l’équipe Charle News s’est infiltrée dans ce cours pour prendre quelques notes et vous faire part de l’événement. Qui est cet homme ? Que fait-il ? Pourquoi est-il venu ? Qu’a-t-il fait pendant 2 jours ? Les réponses à vos questions ci-dessous.

Mark SaFranko fut en tournée en France pendant un mois pour la parution de son recueil de nouvelles : Léger glissement vers le blues.

L’IUT Nancy-Charlemagne a donc profité de cette tournée pour que quelques étudiants privilégiés puissent le rencontrer. Mark SaFranko est un romancier, dramaturge, nouvelliste, acteur, chanteur et compositeur américain. Ecrivant du « dirty realism », il est souvent comparé à Charles Bukowski. Il fut deux fois finaliste du prix Pushcart (prix littéraire américain) et certaines de ses pièces ont été jouées dans des petites salles de New-York.

Olivier Brun, éditeur aux éditions La Dragonne, a animé et présenté les sessions à l’IUT. Celles-ci se sont déroulées de 14h à 16h pour les 2 jours, dans une salle au département Information-Communication (2ème étage).

En première partie, Mark SaFranko a offert aux étudiants une lecture à voix haute d’extraits de deux de ses recueils : Incident sur la 10 ème avenue et Léger glissement vers le blues.  Cette lecture fut rythmée par une alternance de lecture en français/anglais, et accompagnée d’un fond musical. Le poète Tom Buron lisait les extraits en français et  l’artiste lorrain Jac Vitali jouait de la guitare.

En deuxième partie, les étudiants ont pu échanger avec l’auteur. En anglais, bien évidemment. En voici un petit résumé sous forme de questions-réponses.

Où trouvez-vous votre inspiration pour écrire ?

Mark SaFranko : Je trouve l’inspiration partout et dans toutes situations possibles. Dans la vie, on rencontre énormément de situations différentes qui nous marquent assez émotionnellement pour que l’on écrive.

Qui sont vos auteurs favoris ?

Mark SaFranko : J’aime beaucoup Henry Miller, Paul Bowles et Knut Hamsun. Côté français, j’apprécie énormément Céline pour son roman  Mort à crédit. Si je ne devais citer qu’un seul auteur, ce serait Henry Miller !

 Quels auteurs vont ont influencés pour écrire ?

Mark SaFranko : A mes débuts, comme la plupart des écrivains débutants, je fus influencé par beaucoup d’auteurs et j’ai essayé de les imiter. Je m’inspirais principalement d’Henry Miller.

Aimeriez-vous être imité ?

Mark SaFranko : Bien évidemment, je serais fier d’être imité un jour !

Etes-vous content d’être publié à l’étranger ?

Mark SaFranko : Je suis très content d’être publié en France, où j’ai beaucoup de lecteurs et une bonne réception ! Je rencontre également le succès en Belgique, en Suisse et au Canada, contrairement à mon pays où je suis ignoré. En France, les lecteurs sont plus ouverts et réceptifs à la diversité des auteurs. Il existe une « middle class », des auteurs qui ne vendent pas énormément d’exemplaires de leurs livres mais qui rencontrent quand même du succès auprès des lecteurs. Au Etats-Unis cette « middle class » n’existe pas, soit vous êtes comme Stephen King, soit vous n’êtes personne. Si vous ne vendez pas beaucoup d’exemplaires, vous n’aurez pas de promotions pour vos prochaines publications. En France, même si un auteur ne vend pas des millions d’exemplaires de son livre, il peut gagner assez pour pouvoir vivre. Aux Etats-Unis, ça n’est pas possible.

J’ai entendu dire qu’aux Etats-Unis il n’y avait pas de librairie, est-ce vrai ?

Mark SaFranko : En France il y a beaucoup de librairies dans plein de villes, ce qui n’est pas le cas aux USA. Il y a des librairies seulement dans les grandes villes comme New-York ou Los Angeles. Dans les autres villes, on achète sur Amazon. En plus, les américains lisent de moins en moins, ils préfèrent être sur l’ordinateur ou regarder la TV. Les français lisent plus et ont plus de respect pour les auteurs. Aux Etats-Unis, si l’on devait faire un classement des vocations artistiques, les auteurs seraient dernier alors que les acteurs premiers. Les acteurs sont limites considérés comme des dieux. Pour moi, la France est associée à ses auteurs, l’Italie à ses peintres et l’Allemagne à ses musiciens.

Pouvez-vous nous citer une différence entre les auteurs américains et français ?

Mark SaFranko : En France, la plupart des auteurs n’ont pas d’agent (à part les très connus) alors qu’aux USA ils en ont obligatoirement un. Ainsi, en France, pour toutes questions, les éditeurs peuvent entrer directement en contact avec l’auteur. Aux USA, les éditeurs ont pour obligation de passer par les agents. Les auteurs sont moins facilement accessibles. On ne peut pas être auteurs indépendants. Alors qu’en France, si.

Auriez-vous quelques conseils pour nos étudiants qui souhaiteraient écrire ?

Mark SaFranko : En premier lieu, prenez des pilules pour dormir, allez dormir et pensez y pendant une longue heure. Quand vous vous réveillerez le lendemain matin, si vous êtes toujours convaincu que vous devez écrire, que vous en ressentez le besoin, alors vous devez probablement le faire. Cependant ça risque de ne pas être facile, ce n’est pas un milieu facile. Je vous conseille également de lire beaucoup, pour savoir ce qui a déjà été fait, c’est le meilleur moyen d’apprendre comment écrire. C’est très important.

 Pouvez-vous nous dire quelque chose en français ?

Mark SaFranko : Je suis amoureux de la baguette !

Bien que nous nous soyons infiltrées incognito dans le groupe, ce fut une expérience très enrichissante !

Nous remercions Emmy Peultier de nous avoir tenues informées de cet évènement. Nous espérons en avoir établi les grandes lignes de cette conversation  « all in english » !

Evidemment, un grand merci à Monsieur Mark SaFranko pour avoir accordé du temps aux étudiants de l’IUT Nancy-Charlemagne.

Vous l’aurez compris, si vous souhaiter découvrir la littérature « dirty realism », foncez acheter ses écrits aux éditions La Dragonne.

Et si vous souhaitez être auteur, n’allez pas aux Etats-Unis ! (sauf si vous avez beaucoup d’argent…)

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